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Ce qu’ils ont dit à propos du monde de l’art…

L'atelier du peintre par Jan Miense Molenaer, 1631, Berlin

L’atelier du peintre par Jan Miense Molenaer, 1631

Au fil de lectures, je me suis amusée à relever pour vous, quelques citations intéressantes, amusantes et parfois, à la limite de la provocation provenant de différents acteurs du marché de l’art.  De galeristes reconnus mondialement en passant par de grands collectionneurs, des artistes ou des critiques d’art, tous ont leurs mots à dire sur l’univers de l’art et des artistes…

 

Charles Saatchi,  au sujet de certains marchands d’art :

« L’un des risques que courent certains de mes amis collectionneurs, c’est de rencontrer un certain type de marchands d’art : pontifiants, avides de pouvoirs et condescendants, ces dignitaires du bon goût seraient apparemment mieux à leur place en tant que videurs de boîtes de nuit, à décider qui a le droit de passer derrière le cordon.   Leur comportement brime beaucoup de collectionneurs débutants et les empêche de s’impliquer vraiment dans la vision de l’artiste.  Ces marchands aiment avoir l’impression de contrôler le marché.  Bien sûr, par définition, dès qu’un artiste a un marché dynamique, il devient incontrôlable.  Par exemple, un marchand en vue de New-York  a récemment déclaré qu’il désapprouvait  les enchères élevées parce qu’elles permettaient aux collectionneurs de monter d’un cran dans sa « liste d’attente ».  Alors, au lieu de célébrer le succès économique d’un artiste, ils se sentent castrés par toute atteinte à leur pouvoir.  Et puis, il y a les marchands visionnaires, sans qui de nombreux artistes de notre siècle seraient passé inaperçus. »

 

Nicolas Bourriaud, ex-codirecteur du Palais de Tokyo, ex-commissaire à la Tate et chef de l’Inspection de la création artistique au Ministère de la Culture et de la Communication à Paris :

« Dans les années 1970, un individu pouvait encore envisager de pouvoir à peu près maîtriser l’actualité mondiale de l’art contemporain. Dans les années 1990, cela a changé radicalement et, évolué d’une manière exponentielle dans les années 2000. Le plus spectaculaire, c’est cette impossibilité d’avoir une vue panoramique de la situation artistique. »

 

Jo-Ann Kane, conservatrice à la Collection Banque Nationale Le Groupe Financier :

«  À l’international, l’interaction entre les agents économiques et culturels est plus apparente : aujourd’hui plus que jamais, les rôles sont interchangeables, et les différents intervenants doivent pouvoir porter plusieurs chapeaux.  Chaque intervenant se retrouve coincé entre deux mondes : art et économie.  Un collectionneur peut jouer le rôle de conservateur, comme dans le cas de grands collectionneurs comme Charles Saatchi et François Pinault.  En se prononçant sur une œuvre d’art dans le cadre d’une exposition ou d’une acquisition, un conservateur assume pour sa part un certain rôle de critique.  En commanditant ses propres expositions, l’artiste devient commissaire.  Bref, il ne semble plus y avoir de limites quant aux rôles que peuvent jouer les divers intervenants ni même de lieu balisé où se déroule l’activité de chacun. »

 

Rhéal Olivier Lanthier, co-directeur de la galerie Art Mûr à Montréal :

« Actuellement, le marché québécois d’art contemporain est handicapé par deux problèmes récurrents : la petitesse du marché et l’achat fait directement auprès des artistes.  Cette dernière pratique, de plus en plus répandue au cours des dernières années, s’avère la pire des politiques à long terme pour un marché.  J’entends déjà s’élever la critique, car certains croient encore qu’il est possible pour un artiste de tout faire. ».

 

Daniel Buren, commissaire d’exposition :

« De plus en plus, le sujet d’une exposition tend à ne plus être l’exposition d’œuvres d’art, mais l’exposition de l’exposition comme œuvre d’art (…). L’artiste et son œuvre (…) ne peuvent plus que laisser exposer un autre: l’organisateur. »

 

Jeffrey Deitch, galeriste de New-York :

“On a un marché solide quand l’art va sur les murs des gens.”

 

Sanford Heller, conseiller en art de New-York .  Les questions à poser à un client prospectif :

« Quel est votre but quand vous démarrez une collection?  Est-ce que vous la constituez pour votre famille?  Pour vous-même?  Avez-vous l’intention de vous en défaire à un moment donné ou vous voulez que vos héritiers la vendent aux enchères?  Quelle forme d’art vous est familière?  Quel art vous est incompréhensible?  Qu’est-ce que vous n’aimez pas? »

 

Harvey S. Shipley Miller, administrateur à la Judith Rothschild Foundation à New-York :

“Nous ne sommes que très rarement allés voir les artistes, parce que c’est pénible de se trouver dans un atelier et de ne pas être sensible à l’œuvre. »

 

Armand Vaillancourt, sculpteur-peintre québécois :

« Les gens voudraient que l’art moderne soit compris par tout le monde…mais on ne leur a jamais donné la chance de comprendre la simplicité de la créativité, de dire une chose comme on la ressent dans toute sa vérité, sa noblesse, sa pureté, sa vulgarité aussi à l’occasion…L’art ça peut crier la haine, ça peut crier la vie, ça peut représenter l’horreur, ça peut aussi dicter un chemin pour l’humanité pour les temps à venir…on a besoin de l’art car plus on va s’en éloigner, plus on va faire un désastre de notre planète, et possiblement la détruire complètement. »

 

Dave Hickey, éminent critique d’art américain ayant récemment quitté la profession.  À propos du monde l’art actuel :

« Ça me met hors de moi de voir qu’on soumet l’art et la littérature à un fatras de théories politico-psychologiques plus fumeuses les unes que les autres.  À l’heure actuelle, même si je vais dans une galerie que j’apprécie, comme Andrea Rosen, j’ai l’impression d’être dans les rayons d’un grand magasin.  Par ici, vous avez notre minimaliste iranien ; par là, notre pornographe belge ».

 

Marlene Dumas, artiste, Amsterdam :

« La peinture n’est pas un médium de masse fait pour la diffusion de masse.  Les peintures doivent être regardées, une par une, les yeux dans les yeux. »

 

Références

 

LANTHIER, Rhéal Olivier.  Vendu-Sold – Si seulement…  L’art contemporain au Québec- un marché à fort potentiel.  Les Éditions Esse. Montréal.  2009, 216 p.

BAILLARGEON, Stéphane.  Vendu-Sold – Tout l’art du monde. Les Éditions Esse. Montréal.  2009, 216 p.

MILLET, Catherine, LEYDIER, Richard.  Débat : Le succès de l’art contemporain a-t-il un prix ?.  Artpress n°374.  Paris. Janvier 2011

KANE, Jo-Ann,  Vendu-Sold – Marché haussier de l’art : les défis des collections d’entreprise.  Les Éditions Esse. Montréal.  2009, 216 p.

VAILLANCOURT, ARMAND, L’art et la vie en partage, lien web : http://www.armandvaillancourt.ca/AV/content/introduction

LINDEMANN, ADAM, Collectionner l’art contemporain, Taschen, Cologne, 2006, 298 p.

TRONCY, ÉRIC, La mort de la critique, point de vue, Numéro Presse, no. 139, Paris, décembre 2012-janvier 2013

GROSENICK, UTA, Art now vol. 2, Taschen, Cologne, 2008, 349 p.

LUC, ELISABETH, Mon nom est Charles Saatchi et je suis artoolique, Phaidon Press limited, Paris, 2010, 176 p.

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